Les neurosciences au service de l’apprentissage en immersion · 2/6
L’attention et le contrôle attentionnel
Dans une classe, les informations arrivent de toutes parts : la voix de l’enseignant, le tableau, les
camarades, les consignes, une fiche, le vocabulaire nouveau et le contenu disciplinaire.
C’est l’attention qui permet de donner la priorité à certaines informations afin qu’elles fassent
l’objet d’un traitement plus approfondi. Nous pouvons l’imaginer comme un projecteur qui sélectionne les
informations qui seront mises en lumière et celles qui resteront dans l’ombre.
L’attention aide à donner la priorité aux informations qui doivent être traitées plus en profondeur.
La concentration est une dimension particulière de l’attention : maintenir son attention sur une tâche pour
obtenir le résultat voulu. Mais l’attention consiste aussi à sélectionner les informations pertinentes et à ajuster
son focus lorsque la tâche l’exige.
On peut représenter le processus de manière simplifiée :
Stimuli multiples→L’attention donne la priorité→Traitement actif→Mémoire de travail→Mémoire à long terme
Ce que la recherche sur l’attention aide à comprendre
L’attention est sélective : se concentrer sur une information revient à en laisser d’autres au second plan.
Les distractions sont normales. Le contrôle attentionnel est la capacité à repérer qu’on s’est détourné de l’objectif et à y revenir.
L’attention varie selon l’intérêt, la fatigue, le stress, les attentes, les connaissances antérieures et l’environnement de classe.
Deux tâches nouvelles ou peu automatisées ne peuvent pas être traitées en profondeur au même moment. Ce qui ressemble à du multi-tâche correspond à une alternance rapide de focus. Cette alternance entraîne une fatigue cognitive et un risque d’erreurs accru.
Les élèves orientent plus facilement leur attention lorsqu’ils savent à l’avance ce à quoi prêter attention.
Un novice ne sait pas toujours encore à quoi prêter attention ; l’expertise modifie ce qui est immédiatement visible et pertinent.
Ce que cela signifie dans une classe d’immersion
Pendant une tâche de sciences en français, un élève peut se poser plusieurs questions à la fois :
Que veut dire ce mot ?
Quelle est l’idée scientifique ?
Qu’est-ce que je dois faire ?
Comment formuler ma réponse en français ?
Quelle information de cette page est la plus importante ?
L’enseignant peut réduire cette complexité en rendant l’objectif d’apprentissage et les informations essentielles plus faciles à repérer.
Quelques gestes utiles :
expliciter l’objectif disciplinaire et l’objectif langagier ;
signaler les informations auxquelles les élèves doivent prêter attention ;
appuyer les explications orales par des visuels, des gestes et des exemples ;
donner des consignes courtes et clairement séquencées ;
modéliser ce que la tâche demande ;
marquer des pauses et répéter de manière stratégique lorsque l’information est importante.
Deux façons d’ouvrir la même leçon
Les deux enseignants lancent la même activité. Comparez les deux puis choisissez l’ouverture qui laisse le plus d’attention disponible pour l’apprentissage.
La seconde version livre trois informations en trois phrases courtes, une idée par phrase, avec des mots clés faciles à
isoler. La première répète les mêmes informations dans un seul flux : les élèves dépensent leur attention à démêler le
message au lieu de se préparer à la tâche. L’objectif n’est pas de rendre la parole de l’enseignant artificielle
ou simpliste mais de réduire le traitement inutile. (Exemple adapté de Bucourt, Charreau et Pellegrini, Institut Français du Maroc.)
Les deux exemples peuvent mener à la même tâche disciplinaire, mais la formulation la plus claire réduit les exigences de traitement qui ne sont pas directement liées à l’objectif.
Pour la classe
Afficher l’objectif disciplinaire et l’objectif langagier.
Signaler explicitement les informations essentielles.
Donner des consignes courtes et organisées en étapes.
Associer la parole à des visuels, des gestes ou des exemples.
Activer les connaissances antérieures pertinentes avant d’introduire des informations nouvelles.
Lien avec le cadre : les objectifs disciplinaires et langagiers ; l’étayage favorisant la compréhension.
L’attention permet aux élèves d’identifier les informations importantes. Mais les remarquer ne suffit pas. Les
élèves doivent encore les garder à l’esprit pendant qu’ils établissent des liens, les comparent, les interprètent
ou préparent une réponse. C’est le rôle de la mémoire de travail.
Vérifiez votre compréhension
Mini-quiz — L’attentionQuestion 1 / 4
Choisissez une réponse avant de consulter l’explication.
Question 1 / 4
Selon la page, à quoi peut-on comparer l’attention ?
Question 2 / 4
Un élève semble faire deux choses nouvelles à la fois.
Que dit la recherche sur l’attention ?
Question 3 / 4
Les élèves orientent plus facilement leur attention…
Question 4 / 4
Pourquoi donner des consignes courtes et clairement séquencées, avec une idée par phrase ?
Un projecteur, pas un réservoir
L’attention sélectionne ; elle varie, se détourne et revient ; elle s’oriente mieux quand on sait à l’avance quoi regarder. En classe, expliciter, signaler, séquencer et modéliser laissent plus d’attention disponible pour apprendre.