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Les neurosciences au service de l’apprentissage en immersion · 1/6

Neurosciences et plurilinguisme

En immersion, une même tâche scolaire peut nécessiter des élèves de mobiliser plusieurs processus cognitifs en même temps : comprendre un contenu nouveau, comprendre la langue dans laquelle il est présenté, suivre les consignes et formuler une réponse. Toutes ces exigences mobilisent des ressources attentionnelles et une mémoire de travail qui sont limitées. Les neurosciences nous permettent de mieux comprendre les mécanismes cérébraux à l’œuvre lors d’un enseignement en immersion et de proposer des adaptations pédagogiques adaptées.

Ces disciplines relativement récentes dans le champ éducatif étudient le développement et le fonctionnement du cerveau et du système nerveux, ainsi que leurs liens avec la cognition, l’apprentissage et le comportement des individus.

Connaître le fonctionnement de l’attention, de la mémoire de travail, de l’automatisation, de l’inhibition et de la mémoire ne fournit pas une recette pédagogique magique. Toutefois, cela guide les enseignants pour prendre des décisions plus éclairées sur la manière de présenter les informations, d’organiser l’étayage de la compréhension, la modélisation et le soutien langagier.

Une seule tâche, plusieurs exigences simultanées

Une difficulté ne signifie pas nécessairement que l’élève ne comprend pas. Il peut comprendre le contenu mais le contrôle simultané de son vocabulaire, de sa grammaire et des consignes freine la formulation de sa réponse. Ce qu’un élève peut gérer dépend notamment de ses connaissances antérieures, de sa maîtrise de la langue, de sa familiarité avec la tâche et des étayages dont il dispose.
Les décisions d’enseignement guidées par le cadre stratégique
Apport clairModélisationÉtayageSoutien langagierPratique guidée

Elles réduisent les exigences inutiles et libèrent davantage de ressources pour apprendre.

Une même tâche d’immersion peut imposer plusieurs exigences simultanées. Les soutiens pédagogiques aident les élèves à y faire face sans réduire les attentes disciplinaires.

Dans cette section, nous passerons en revue les différents thèmes suivants :

Chaque sous-thème sera décrit par des textes et des schémas et suivi pour des questionnaires auto-correctifs. En fin de section, des ressources supplémentaires vous seront proposées et un quiz vous permettra de valider les acquis de cette section.

Neurosciences et plurilinguisme

La question du langage est particulièrement importante en immersion : la langue est à la fois le moyen par lequel les élèves apprennent et un objet d’apprentissage encore en développement.

Comprendre ou produire un message ne dépend pas d’une seule « zone du langage ». Ces activités mobilisent un réseau de régions cérébrales qui collaborent lorsque l’élève écoute, lit, mobilise les mots qu’il connaît, construit une phrase ou prépare une réponse.

Le schéma ci-dessous illustre ce fonctionnement distribué.

LE TRAITEMENT DU LANGAGE MOBILISE UN RÉSEAU DISTRIBUÉ Aires motrices articulation Cortex visuel un mot écrit Région temporale postérieure associée à la compréhension Cortex auditif un mot entendu Région frontale associée à la production

Ces régions travaillent ensemble et interviennent dans chacune des langues de l’élève, sans que ce soit exactement de la même manière. Aucune n’explique à elle seule le langage.

Légende : Les différentes langues mobilisent en grande partie les mêmes réseaux cérébraux du langage, qui fonctionnent de manière coordonnée pour permettre leur compréhension et leur production. Le traitement du langage mobilise un réseau distribué de régions cérébrales plutôt qu’une zone unique et isolée.

Cette idée permet d’écarter un raccourci fréquent : il n’existe pas un « cerveau français » et un « cerveau anglais » qui s’allumeraient à tour de rôle.

Les langues d’un élève plurilingue interagissent parce qu’elles mobilisent des systèmes qui sont en partie les mêmes. La façon dont ces systèmes sont sollicités varie selon l’expérience, le niveau de maîtrise et l’usage de chaque langue.

Au-delà des aires cérébrales impliquées, les apprentissages dépendent également des connaissances antérieures, de la conception de la tâche, de la motivation, des exigences langagières et de nombreux autres facteurs.

Prudence scientifique

Les discours sur le cerveau transforment parfois des résultats complexes en affirmations très simples. Cette ressource écarte donc des idées qui ne sont pas étayées par la recherche, notamment :

  • les élèves utilisent davantage leur « cerveau gauche » ou leur « cerveau droit » ;
  • des styles d’apprentissage fixes auxquels il faudrait adapter systématiquement l’enseignement ;
  • l’idée que nous n’utiliserions que 10 % de notre cerveau ;
  • l’idée qu’une seule région cérébrale expliquerait à elle seule un comportement d’apprentissage complexe ;
  • les « astuces cerveau » présentées comme des raccourcis vers l’apprentissage.

Elle évite également de présenter le bilinguisme comme un miracle cognitif ou, à l’inverse, comme une charge cognitive en soi.

En immersion, les élèves qui sont encore en train de développer leur maîtrise du français doivent, parfois, consacrer une partie de leur attention à la compréhension de la langue elle-même. Par contre, les élèves plus avancés peuvent généralement consacrer davantage d’attention au contenu disciplinaire et aux exigences de la tâche.

Vérifiez votre compréhension

Mini-quiz — Neurosciences et plurilinguisme Question 1 / 4

Choisissez une réponse avant de consulter l’explication.

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